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L’envol de Patamga


 

« L’envol de Patamga »

Conférence donnée par Jaya le 11 oct 2013 en cours de méditation

L’envol de Patamga


Patamga : sanskrit, l’oiseau prêt à voler.

Beaucoup de gens, lorsqu’ils parlent de leur vie, disent qu’ils sont tristes, qu’ils ne sont pas heureux, que tout ce qu’ils font les ennuie.

Malgré ce triste constat, ils persistent à vivre dans leur morosité, attachés à leurs habitudes qui leur donnent un sentiment de sécurité. Les vieux couples vieillissent ensemble. Les êtres restent souvent par devoir aux côtés de l’autre sans pouvoir se réjouir. L’amour a disparu et avec lui la joie. L’ennui les pousse à chercher des occupations ou distractions, télévision, scrabble, aquagym, activités associatives...voire yoga...
Ils s’ennuient chez eux et avec eux-mêmes !

Vivre comme une mécanique bien huilée et programmée, n’est pas vivre comme un humain. Faire de son existence une longue et monotone répétition dénuée de joie et d’audace n’est pas la vie d’un chercheur spirituel, d’un être libre.

Il y a les crapauds, il y a les abeilles ! nous dit Rajneesh...

Il y a les chenilles, il y a les papillons ! vous dis-je.

Le chercheur spirituel est celui qui accepte l’état de chrysalide.

Les crapauds vivent dans l’obscurité de la vase et n’ont aucune idée de ce qui se passe au-dessus de leur tête.
Au-dessus, les abeilles butinent et font couler à flot le miel de l’existence.
Le miel est toujours sucré, lumineux, toujours exquis. Il a le goût de l’instant présent. Toute la vie offre en permanence sa source sucrée, sa beauté, le ciel, le soleil, l’amour, les choses autour de vous.
Mais faut-il encore les regarder, les voir !

Voir sans regarder ou regarder sans voir est un éternel débat spirituel.


Cela est affaire de mots et non de sens des mots. L’une ou l’autre formule revient à dire que si nous pouvions ouvrir les yeux et voir le miel de la vie, nous pourrions le goûter. Regardez donc la vie de façon subtile et approfondie.


L’abeille est un être libre et va là où la fleur donnera le meilleur miel.
Lorsque l’homme se confine dans des responsabilités familiales, il se crée bien souvent des responsabilités étouffantes. Les gens s’accrochent les uns aux autres, non pour jouir du miel ensemble, mais pour s’asservir. Vous possédez l’autre ou vous êtes possédé, et la relation devient une relation de calcul, de jeu de pouvoir, d’intérêt, d’ambition.

La famille est le lieu de la culpabilisation et de la possessivité, et l’individualité y étouffe. Vous y êtes circonscrit. Si vous tentez d’en sortir, le poids des exigences de la dite famille va vous rappeler à l’ordre. Vous seriez mieux mort que libre pour elle, affirme Osho.

Et la vie passe ainsi pour beaucoup sans jamais transgresser les limites autorisées, sans heurt et sans imprévu, dans une harmonie apparente.

" Vous pourrez même ne pas vous apercevoir que vous avez vécu comme un crapaud, et mourir comme un crapaud ", déclare le maître.


La pensée tantrique vous invite à être libre, et aimant. Aimant l’amour pour ce qu’il est et ce qu’il donne. Aimer la vie de même.
Votre vie doit être aventure à tout âge. Le yoga vous apprend à être plus vivant, et à vous interdire votre mort spirituelle, psychologique.

Ne regardez pas les choses avec des vieux schémas. Le subtil de l’existence est partout, même dans les émotions très fortes. N’ayez pas peur de les vivre.

La connaissance spirituelle doit se fonder sur un processus de confiance en soi, du respect de notre être.

Très souvent, dans les enseignements spirituels, il vous sera préconisé de contrôler les champs émotionnels et d’éradiquer les désirs afin de vous consacrer corps et âme à la quête ascétique de la connaissance de soi.

Combien de fois, j’ai pu voir sur le chemin de la spiritualité yoguique, des êtres prendre ces directions et s’éteindre progressivement, enfouissant leur véritable nature au non d’un diktat comportemental spirituel.
Le fautif ? L’égo spirituel ! Il est le plus terrible. Certains peuvent aller jusqu’à prendre le sanyas (renoncement du moine) avant même d’avoir épuiser toutes leur faim d’amour et de vie.

J’ai moi-même fait l’expérience du repli ascétique strict pendant plusieurs années pour n’en constater que ses limites.

L’expansion spirituelle doit se faire sur le terrain de la vie elle-même avec les défis et les risques qu’elle offre.

Marcher droit sur une ligne droite sans personne autour, est bien plus aisé que voler au-dessus d’un slalom de difficultés.
Ce qui rendra libre et fort intérieurement, qui remplira l’être de la connaissance de la vie, n’est pas le chemin le plus facile.

Bien sûr, le but n’est pas de chercher une vie de complications.
Le but est de vivre la complexité de l’existence sans complication.


Souvent les gens ont peur de vivre les grandes émotions, positives ou négatives, car ils pensent qu’ils ont quelque chose à gagner ou à perdre, et vivent leurs émotions au compte goutte. Mais lorsque nous travaillons au niveau spirituel et que nous sommes déjà en chemin - que nous travaillons à la sagesse, que nous affinons nos outils - nous pouvons nous autoriser à penser et à vivre en fonction d’émotions plus grandes, de plus grandes passions.
Vous pouvez vous autoriser à vivre et à penser plus grand.

Ce que je dis là, peut sembler paradoxal pour un débutant à qui il sera enseigné la nécessité de contrôler d’abord son mental, voire d’éradiquer les émotions primaires.

Mais à un niveau plus avancé, Voir sa négativité par exemple et ce qu’il en reste encore, c’est lui permettre de ne pas être souterraine et dangereuse.
Identifier l’énergie négative, c’est vous permettre d’en faire l’expérience et la rendre malléable, en faire une base de travail, car vous disposez déjà des bases spirituelles pour vous perfectionner.

La sagesse commence lorsqu’on est capable de voir ses énergies comme les énergies de l’univers, y compris sa négativité.
Notre sentiment du moi qui veut bien faire, qui est sage, raisonnable, posé, contrôlé, équanime, ne repose que sur des enfouissements de ces énergies prêtes à exploser.

Parce que la vraie équanimité acquise par la vraie connaissance n’est pas encore là, elle n’est pas de ce contrôle là. Elle nécessite l’extinction totale de l’égo dans une absorption sans retour.
Elle vient souvent avec la grande maturité de l’âge, ou le renoncement définitif.

Tant que vous êtes interactif avec le monde, intégrez-donc tout votre être dans cet échange.
Même ce que vous voulez cacher, même les aspects négatifs, tels des ingrédients épicés que vous rajoutez sur votre nourriture. Cela apportera à votre vécu, tous les goûts de l’univers et cela vous rendra vivant.
Cela vous rendra libre. Cela vous enivrera.
Fuir les risques ne rendra jamais votre vie grisante.

Cela ne veut pas dire non plus qu’il faille aller dans l’excès contraire.

Cela veut-dire plutôt qu’il est temps de savourer ce que vous voulez, aussi longtemps que cela vous plait.

Si vous pouvez aimer une même personne toute votre vie, vous avez alors une chance extraordinaire. Si non, aimez tant que l’amour est là ! La véritable histoire d’amour doit être une plongée dans les profondeurs de l’amour, et faire vibrer vos âmes. Et si vous avez la chance de suivre un chemin spirituel qui vous libère, alors vous pouvez grimper avec l’autre vers des expériences qui vous transcendent.

Mais attention aux structures et aux habitudes de vie !

Il en est de même pour la pratique spirituelle qui se doit d’être régulière.
Veillez à ne jamais l’appréhender avec automatisme, ni vos " surya namaskars " (salutations au soleil), ni vos " kriyas " (exercices énergétiques) ; ni vos " pranayamas "(exercices respiratoires).

Si vous vous donnez un rôle, devenez un personnage qui pratique sans vous réincarner chaque jour, alors vous ne pourrez jamais pressentir le divin qui est là.
Gardez à l’esprit la chance de pouvoir vivre à chaque aube votre incarnation. Apprenez à renaître chaque matin et déployez vos ailes avec la même soif de liberté et de quête.

Bien sûr, lorsqu ’on a 25, 45 ou 60 ans, l’envie de renaître chaque jour n’est pas la même.
Pour l’un, le passé est léger et l’avenir un fantasme.
Pour l’autre, le passé pèse dans la besace.

La maturité de l’âge donne à la quête spirituelle sa force et sa nécessité. Mais la connaissance du divin ne relève pas de la notion de temps ni d’âge.
Combien de vieux prêtes ou vieux sanyasins attendent toujours au fond de leur ashram la vision divine.

Le Divin se révèle dans notre capacité intense à le percevoir dans l’existence et seule une seconde suffit pour cela.
La seconde consciente, lumineuse, libératrice de l’instant présent.

Le yoga doit vous donner des ailes, et faire de vous des oiseaux, des abeilles, des papillons qui survolent la vie avec une vision plus élevée que celle de la moyenne des gens.
Le yoga doit vous iriser, vous donner les couleurs de la conscience lorsque vous vous rapprochez du ciel, du soleil.
Hissez-donc votre vie vers des exigences plus hautes, plus essentielles, pour transformer en vous ce qui est grossier en plus subtil.

Volez !

Hari Om Tat Sat

Jaya Yogacharya


Bibliographie :

- « Le chant royal de Saraha  » de Osho Rajneesh aux Edts Le voyage Intérieur.

- « La voie du tantra » de Ajit Mookerjee & Madhu Khanna aux Edts Sagesse.

- Commentaires et adaptation de Jaya Yogacharya.

 

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FORUM DE L'ARTICLE

  • L’envol de Patamga
    15 novembre 2013

    ...et si une aile est cassée on va la remplacer.


    • L’envol de Patamga
      25 novembre 2013, par Jaya

      L’être humain a des facultés d’auto-réparation insoupçonnées, et le yoga est ce fabuleux outil réparateur pour ceux qui savent l’utiliser.
      Mais il est plus encore, et sur mon long chemin spirituel, je l’ai vu sauver de nombreuses vies.
      Hari Om

      Jaya Yogacharya


  • L’envol de Patamga
    1er novembre 2013, par Cathy(ni)

    Un grand merci pour cette conférence lumineuse.
    Merci de nous monter que nous avons des ailes ! A nous de les utiliser ... et de voler !
    Catherine


 
 
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