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« Le double enchantement »


 

« Le double enchantement »

Conférence donnée par Jaya Yogācārya en cours de méditation du vendredi 30 nov
2018

Depuis de nombreuses conférences, je me suis concentrée sur les fonctionnements physiologiques et neurologiques des états de la conscience.
Il est tant à présent de revenir à une réflexion plus métaphysique et védantique.

Pour appréhender la conscience, il nous faut revenir un peu sur le concept de l’état de veille Jāgrat जाग्रत् et l’état de rêve Svapna स्वप्न .

Imaginez qu’un sage vous plonge dans un état de léthargie de plusieurs millions d’années et rende vos corps subtil et grossier à quelques traces mentales en suspend.
Il est temps à présent de vous réveiller. Pour cela il lui faut reconstituer votre corps subtil et le réintroduire dans votre corps grossier afin de vous réanimer.
Ce que vous allez percevoir risque fort d’être incompréhensible.

Lorsque nous nous réveillons parfois le matin, nous ouvrons les yeux et contemplons le
monde à l’entour. le monde n’a pas forcément changé, du moins en apparence.
Très vite, nous nous resituons dans notre maison, notre époque et nos soucis ou préoccupations de la veille. Nous retrouvons peut-être auprès de nous un être cher.
Le monde ne semble pas avoir changé. C’est une affaire de perception relative du temps.

Nos langues et coutumes n’ont pas changé brusquement, nous les comprenons toujours. Les caractères de nos proches ne se sont pas forcément modifiés instantanément et le paysage à travers notre fenêtre est resté à peu près le même.

Et pourtant, tout change et en permanence.

Depuis la nuit des temps, des milliers de générations se sont succédés.
Nous sommes descendants d’une lignée d’humains possédant génétiquement un nombre incalculable de paramètres et pouvons, nous qui sommes blancs et occidentaux, avoir des ancêtres africains, nous qui sommes de l’Asie, avoir des ancêtres amérindiens.
Autrefois, ici s’étendait peut-être une forêt, une rivière, aujourd’hui du béton et des voitures envahissent le lieu. Là-bas, il y avait autrefois un village, aujourd’hui, il n’y a plus qu’une carrière désaffectée.

Tout se transforme sans cesse. Le monde se modifie d’instant en instant. Durant une longue évolution, la face même de la Terre, avec ses montagnes, ses lacs, ses rivières, est devenue différente. Nous avons certes participé à l’accélération de cette transformation de notre planète et pas toujours en bien ! Cela semble finalement dérisoire au regard des dimensions cosmiques. Toutefois nous oublions trop souvent de zoomer et de voir l’aspect précieux de notre fragile équilibre.

Tout se transforme sans cesse, telle est la loi qui préside au cours du monde.

Les montagnes s’aplanissent et les plaines s’élèvent. Les déserts se mettent à faire pousser des villes « high-tech » et regorgent d’eau pendant que des plages de sable sont transformées en plages de boue.
Un sol aride peut devenir une terre fertile et inversement. L’eau douce devient salée et l’eau salée devient douce.
Tantôt ce sont les grands prédateurs qui se multiplient sur terre, tantôt ce sont les insectes et les quadrupèdes tantôt ce sont les homo-sapiens.
Tout se transforme avec le temps.
Cela a toujours plongé l’homme dans un profond désespoir.
Quand nous songeons à nos parents, à nos proches défunts, nous souffrons et nous nous lamentons.

Notre sage en question nous demandera alors pourquoi donc nous lamentons-nous ainsi et sans cesse ?
"Les gens avisés ne font jamais rien de vain", dira-t-il !
"Celui qui agit sans envisager les résultats possibles de ses actions et des lois qui le gouvernent est un sot.
Dites-moi, qui pleurez-vous et quel est le but de vos pleurs ?"

Révolté, vous lui répondrez qu’il est inapte à percevoir la cause de notre chagrin, nous qui venons de perdre un être cher ? 

Le sage vous demandera alors :
« Est-ce donc une tradition chez l’humain de se lamenter ainsi ? »

Nous pourrions alors nous poser quelques questions.
Est-ce qu’en ne pleurant pas nos proches, nous craindrions d’accumuler un mauvais karma ? Ou bien pensons-nous que nos lamentations nous rendront ce que nous avons perdu ? Si nous pleurons nos proches par obligation morale, nous ne devrions-nous pas pleurer nos innombrables ancêtres eux aussi perdus !
Est-ce la parenté proche qui nous lamente ?
Quel est le fondement de cette parenté ? D’innombrables micro-organismes, vers et autres sont produits en nous et dans le corps de nos parents et ne sont pas pour autant comptés au nombre de la parenté. Pourrions-nous eux aussi les pleurer ?

C’est apparemment à la disparition de la nature véritable de nos proches que nous pleurons.Cependant, le corps est un agrégat en destruction permanente par ses déchets et son oxydation.
Ce qui nous bouleverse, c’est la destruction absolue des agrégats.
Elle est pour nous inconcevable.

Et pourtant, l’ensemble des éléments constitutifs des agrégats déjà désintégrés des corps de nos défunts proches est cependant toujours là, dans le fondamental des éléments indestructibles de la nature, la terre, l’eau, l’air, le feu, l’espace.

Nous ne sommes pas ce corps, dit le sage mais « le possesseur de ce corps ».
Ne disons-nous pas « notre corps, mon corps » comme on le dit de son vêtement ou de sa maison ?
Qu’est-ce en nous ce qui s’exprime à travers ces jugements comme « mon corps, mes sens, mon souffle, mon esprit ?

Le Vēdānta वेदांत répondra que tous les êtres sont aveuglés par le grand principe de l’illusion, Māyā माया.

Les êtres humains sont bien loin de se connaître eux-mêmes et se lamentent en pure perte. Tant qu’ils ne réaliseront pas quelle est leur vraie nature, ils resteront pris au piège de leurs souffrances. Ce n’est qu’avec la réalisation de la conscience qu’ ils peuvent à tout jamais s’en libérer.

L’homme doit se réveiller de son cauchemar pour cesser de pleurer.
Il doit découvrir sa pure essence.
Il lui faut franchir la très haute barrière de la Māyā.

Encore lui faut-il l’identifier.
Si le contenu de nos rêves semble irréel et une pure apparence, l’expérience éveillée du monde semble bien réelle, objective, stable, et jamais démentie.
Comment pouvons-nous être illusionné dans l’état de veille comme nous le sommes dans celui du rêve ?

Le sage vous dira que vous êtes doublement aveuglé, comme un songe à l’intérieur d’un songe.

Si je rêve de cueillir des fruits à un arbre et qu’ils sont succulents, tant que dure le rêve, en quoi la réalité des fruits peut-elle être démentie ? Tout cela ne sera démenti qu’au réveil.
Mais le monde de la veille tout entier n’est-il pas à son tour démenti dans le sommeil profond, Suṣupti सुषुप्ति ? Il l’est sans l’être.

Comme le monde de la veille reprend son cours le jour suivant, il n’est pas démenti par le sommeil profond. Cela se produit-il ainsi dans le processus du rêve ?
Dans le rêve, nous n’avons pas conscience d’une telle continuité, nous n’avons pas l’impression de reprendre le rêve de la nuit précédente, et pourtant notre inconscient reste dans un même champ.
Cette continuité apparente de l’état de veille est une illusion car tout se modifie d’instant en instant.
Certes l’impression de continuité des champs de forme et des situations peut sembler stable en arrière plan. En fait l’impression de continuité est illusoire dans les deux types d’expériences de la veille et du rêve.
Rien n’est stable dans les champs de forme apparents de la nature manifestée, tels les arbres, les rivières, notre corps.

Tout se modifie d’instant en instant.
Que ce soit dans le rêve ou dans l’existence éveillée, la continuité est limitée dans le temps. Elle est relative.
Quand on dit que le rêve est démenti au réveil, alors qu’il est difficile d’observer l’inverse, le démenti ici signifie l’absence de manifestation. Or dans le sommeil profond, c’est la perception de l’ensemble des choses qui n’est pas manifestée. Difficile alors à l’homme ordinaire d’identifier le vrai du faux.
Seuls ceux qui ont la capacité de vision du réel derrière les apparences peuvent avoir une idée claire de ces notions. Cette aptitude est développée par la pratique soutenue du yoga et de la Méditation.

Pour le Védanta, les expériences du rêve et de la veille peuvent être considérées comme étant sur le même plan.

Dans le rêve, nous pouvons expérimenter la notion du temps, éprouver sa durée comme dans l’expérience éveillée. Il nous semble dans le rêve aussi réel et objectif, stable et non démenti.
Cette impression d’être bien éveillé dans l’état de veille l’est tout autant dans le rêve.
Ne prenons-nous pas, au sens propre, nos rêves pour des réalités ?
Dans ce cas là, le sage pourrait vous demander pourquoi ne pleurons-nous pas les parents que nous avons eu en rêve et que nous avons perdu au réveil ?

Le monde prend à nos yeux le visage de la croyance que l’on projette sur lui.
S’il n’est pour nous que vacuité, il apparaîtra aussi vide que le pur espace.
S’il n’est que chaos, il sera chaos.
Tout dépend de la croyance du monde qui nous anime.

« La vie n’est qu’un songe » vous diront les sages.

Dans les rêves, c’est notre mental qui se projette sur l’écran de notre propre conscience.
Dans la vie éveillée, nous continuons à nous projeter encore sur l’écran de cette même conscience. Si le méditant réalise qu’il est une pure conscience qui sous-tend sa nature manifestée, alors il peut se libérer.

Ce n’est pas parce que vous êtes réveillé que vous êtes éveillé !

Il est dit dans le tantra तंत्र 
« Les êtres qui ignorent le Nirvāṇa निर्वाण
recherchent le climat étouffant de Saṃsāra संसार. »

Autrement dit, ceux qui ne sont pas de nature extatique courent dans l’illusion.

Le tantra dit aussi ceci :
« L’eau dans les traces que le bœuf laisse en marchant s’évapore rapidement.
Il est en de même pour l’esprit déterminé mais encore plein d’imperfections.
Elles disparaitront en temps voulu. »

L’eau dans les traces s’évapore, l’océan ne diminue ni n’augmente.
L’esprit humain est comme ces flaques d’eau, la capacité de son cerveau est très limitée. Seul, le ciel de notre conscience est lui illimité.

Hari om tat sat
Jaya Yogācārya

Bibliographie :
- « Le Tripurarâhasya » de Michel Hulin aux Edts Fayard.
- Adaptation et commentaire de Jaya Yogācārya

 

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