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" La divine échelle "

Conférence donnée par Jaya Yogācārya en cours de méditation du vendredi 6 dec 2019

Nous voici à la fin d’une année de pratique. Elle fut marquée, pour mes élèves passionnés, par des tempos forts en termes d’activation de la conscience supérieure, d’éveil de l’énergie, d’ouverture de l’esprit et du cœur, de réflexions métaphysiques poussées et de pratiques méditatives transcendantales.

Les vrais chercheurs, ceux qui préservent cet or spirituel que je leur donne, récoltent d’une part, les fruits de ce travail dans les travaux pratiques de l’ existence et d’autre part, des compréhensions précieuses qui les font grandir.

On grandit à tout âge !
Ce travail spirituel nécessite d’être constant car la vie est constante, même si elle est changeante à la fois.
L’ âge, sans travail sur soi, n’est pas toujours le garant de la maturité spirituelle et l’apprentissage pour le vrai Sādhaka साधक ne doit cesser qu’à son dernier souffle.

Dans ce monde difficile pour les esprits délicats, dans ce monde sans pilote, la pratique spirituelle et le guide spirituel sont les biens les plus inestimables.

En règle générale, les occidentaux font preuve d’un réel manque d’appréciation et de discernement en ce qui concerne la recherche ou la gestion d’un guide.
Si on montre à un enfant une pierre de grande valeur et un artefact plus brillant et multicolore, l’enfant choisira le dernier pour épater la galerie.
Par contre, un bijoutier ne s’y trompera pas.
C’est la différence entre l’appréciation et le jugement.

Beaucoup de personnes s’ouvrant à la spiritualité et au yoga ne sont pas connaisseuses en ce domaine. Beaucoup veulent un guide spirituel bon marché et acquérir la pierre précieuse sans trop dépenser.
C’est sans compter ceux qui veulent être maîtres avant d’avoir été disciples.

L’ acquisition du savoir vulgarisé en est la cause.
C’est ainsi que certains guides se retrouvent avec dix mille disciples au bout de trois ans. Ces dix mille personnes veulent un guru bon marché. Ils vont donc suivre sur « you tub » tel ou tel qui s’y prétend.

Le néophyte est incapable d’évaluer le prix de ce qu‘ il y a de plus précieux au monde, et c’est pour cela d’ailleurs, que tant de maîtres, qu’ils soient soufis, zen, tibétains, rendaient autrefois leur abord si difficile.

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Aujourd’hui, dans ce monde contemporain, les messages spirituels millénaires sont vulgarisés.
Les maîtres anciens imposaient de dures épreuves aux candidats afin de tester leur qualification avant de les accepter comme disciples.
Le maître devait savoir dire non.
Le maître, le guide spirituel d’aujourd’hui doit savoir le dire plus encore, devant les prétentions arrogantes des nouveaux aspirants.

C’est avec cette même fermeté que Maheśvarī et moi-même, Jaya, avons bien souvent dû dire non à certains. Si nous avons dû dire non, nous avons aussi dit oui à un grand nombre.
C’est cette même fermeté qui nous a permis de consacrer beaucoup d’énergie et de temps à ceux qui sont venus nous voir, il y a vingt ans, trente ans, leur permettant un changement en profondeur au cours de ces longues années.

Aujourd’hui, nous consacrons toujours la même passion et le même intérêt à l’évolution d’un élève, qu’il ait trente ans de pratique avec nous ou qu’il soit un nouveau venu. D’où notre, mon, investissement considérable dans des cours par niveaux afin de vous faire avancer.
Je me soucie de chacun d’entre-vous.
Mais j’espère que vous n’ imaginez pas que nos journées, bien qu’elles soient très chargées, durent trente heures et que notre énergie est inépuisable. Cela ne se peut.
Nous essayons d’être un soleil pour chacun d’entre-vous, mais tout comme le soleil, nous ne sommes ni inépuisables ni éternelles.

Je vous ai toujours dit que je préfère avoir trois élèves intelligents que trois mille imbéciles en face de moi. Celui qui a dix mille disciples brille pour tous mais n’en connait aucun.
Personnellement je vous connais.

Je vous vois et vous observe souvent en silence quand vous pratiquez les yeux fermés.
Jaya n’est pas dans vos « la-dit la-fait », cela ne l’intéresse pas.
Certains d’entre-vous, oui, hélas ! Tout me revient.

Maheśvarī vous écoute, vous soigne, vous panse.
Jaya vous reçoit, vous observe, vous envoie des messages, vous propose de belles expériences, des réflexions subtiles, vous donne des outils, vous élève.
Combien de fois avons-nous essuyé vos larmes, lorsque vous étiez effondré ou aviez perdu un être cher, lors de votre parcours de vie !

Nous étions là, nous sommes là encore !

Mais nous savons aussi ne pas vous répondre quand vous dépassez les limites, quand vous nous offensez malgré vous, parce que vous êtes trop centré sur votre histoire ou vos problématiques personnelles, au point de vous tromper de cible.

En orient, y compris chez les soufis, ce qu’il y a de plus précieux, au monde, c’est le maître.
Le terme « Rinpoché » en tibétain signifie « précieux ».
Beaucoup d’aspirants occidentaux n’ont pour la plupart aucun sens de ce dont il s’agit. Beaucoup veulent être reçus par des grandes âmes sans réaliser ce que leur demande a de disproportionné par rapport à leur niveau de développement d’être.
C’est cela la prétention.

Seul le guide peut donner la libération. Ce n’est pas Dieu qui la donne.
Le guide peut donner la libération qui vous amènera à l’absolu, à Dieu et il le fait en vous donnant les bons outils pour vous apprendre à vous libérer vous-même. Je dis toujours aux élèves qu’ils soient débutants ou avancés qu’eux seuls peuvent faire l’expérience de l’enseignement que je leur donne. Seule leur expérimentation peut valider l’efficacité de cet enseignement pour optimiser leur vie et leur conscience.

Aujourd’hui, les aspirants à la connaissance spirituelle, se comportent comme des enfants de trois ans. Un enfant de cet âge ne se préoccupe pas de ce qu’il peut donner à ses parents à part ses sourires et ses vomis.

J’ai au cours de cette année, entre-autres, insisté sur l’aspect dévotionnel avec l’analyse en détail du Guru Brahmā गुरु ब्रह्मा, les rituels intérieurs, l’apprentissage du rituel progressif de Lalita Tripurasundarī ललित त्रिपुरसुन्दरी, et bien d’autres approches afin de déverrouiller le cœur des contemporains que vous êtes.

Il est important de vous débarrasser de ce sens critique qui a peur de la bigoterie ou de la superstition qui est l’opposé de la compréhension.
Je vous espère suffisamment émancipés et ayant un libre arbitre pour vous faire travailler à cela. Je ne suis pas là non plus pour récolter une adoration irraisonnée de votre part à mon égard.
Je suis là pour ouvrir votre cœur et votre esprit à la quête de la perfection et du subtil.

L’essence du chemin spirituel est ce qui nous relie dans cette relation de guide à élève, de maître à disciple. Cette essence est faite d’amour et d’ union.

L ‘attitude juste est de passer du deux au Un, d’être Un avec l’autre, à entrer en communion avec lui.

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Lorsque votre cœur est noirci par des dépôts mondains, vous faites bien des erreurs de compréhension et de jugement et sortez de cette relation d’union.

Le guide travaille chaque jour à n’entretenir aucune noirceur en lui.
Il y travaille par le processus du détachement.

Pour le chercheur spirituel, l’existence entière est un enseignement à elle seule.
Nous pouvons recevoir d’elle, à chaque instant, dans une situation imprévue, venant d’un enfant ou de n’importe qui, une vérité qui nous éclaire et nous propulse dans une prise de conscience.
On appelle cela des Upaguru उपगुरु, à condition bien sûr que nous sachions les voir.
Des êtres ordinaires vous révèlent sans le savoir une vérité spirituelle qui déclenche en vous une prise de conscience ou vous ramène à l’enseignement que vous avez déjà reçu.
Des Upaguru peuvent aussi être nos élèves avancés qui dans leur karma yoga, lorsqu’ils nous assistent, vous aident et vous éclairent.
Ce qui caractérise le niveau de développement et de compréhension de ces élèves là, au-delà de leur niveau de pratique et de connaissance, c’est leur solidarité entre-eux et autour du guide.
Ce sont des frères et sœurs spirituels.
Se dissocier de ces liens, c’est perdre la pratique, du moins celle-ci, celle du centre, celle que je vous enseigne.
Perdre la pratique, c’est perdre aussi ces liens précieux.

Malgré cela, vous n’aurez jamais qu’un seul maitre, qu’un seul vrai guide.
Seule la fin de votre existence vous dira lequel était-ce, sauf si vous en avez déjà la conviction intime.

Être un disciple, s’est s’insérer dans une lignée de maître, c’est prendre refuge dans cette lignée. Le maître a eu lui-même un maître qui a eu un maître qui a eu un maître...
Se relier à un guide, revient à se relier à un ensemble plus vaste que la relation individuelle d’homme à homme.
Le guide n’est pas dans une relation individuelle et égoïste.

Tout aspirant au départ a un égo qui désire avoir un maître et pense « mon maître, mon guru, mon école etc. ».

Ce n’est pas cette approche qu’il faut développer.
Il s’agit plutôt de sentir « Je suis son élève, je suis son disciple ».
Qu’est-ce qu’il attend de moi ? Qu’est-ce qu’il me demande ?

Être un élève, c’est comprendre que cette relation avec le guide n’est pas la relation avec un individu et un égo.
C’est prendre sa place dans cette lignée qui a existé avant nous et existera après.
C’est comprendre que cette relation est précieuse entre toutes et qu’elle n’est pas ordinaire.
Le guide spirituel s’évertue d’être au service de la vérité cosmique, de la volonté divine.
Il est un serviteur et il vous sert.

Être son élève, c’est devenir à votre tour le serviteur de cet absolu.
C’est devenir, à votre tour, le serviteur du serviteur du serviteur ...

Lorsque vous travaillez au perfectionnement et au haut développement personnel, vous façonnez une intériotité inestimable qui vous rendra apaisé et régénéré quand cela sera nécessaire.
Le repli intérieur vous renverra la vérité du travail accompli, votre beauté intérieure, votre intégrité et sera un baume pour continuer à vivre dans ce monde inquiétant.

Hari om tat sat
Jaya Yogācārya

Bibliographie :
- « Contemplez ces vérités » de Swami Chidananda aux Edts « Terre du Ciel »
- « L’ami spirituel » d’Arnaud Desjardins aux edts Editions « de la table ronde »
- Adaptation et commentaire de Jaya Yogācārya

Messages

  • Alors un lettré dit : « parle nous de la parole ».
    Et il répondit en disant :
    « Vous parlez quand vous cessez d’être en paix avec vos pensées.
    Et quand vous ne pouvez habiter plus longtemps la solitude de votre cœur, vous vivez sur vos lèvres et le son qui en sort est un divertissement et un passe-temps.
    Et dans beaucoup de vos discours, la pensée est à moitié assassinée. Car la pensée est un oiseau de l’espace qui, dans la cage des mots, peut déployer ses ailes mais ne peut pas voler.
    Il y a parmi vous ceux qui recherchent le bavard par peur de la solitude. Le silence de la solitude révèle à leurs yeux leur moi dénudé et ils voudraient s’enfuir.
    Et il y a ceux qui parlent et qui, sans le savoir ni le prévoir dévoilent une vérité qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes.
    Et il y a ceux qui ont la vérité en eux, mais ne la mettent pas en mots. Dans la poitrine de ceux-ci, l’esprit habite un silence harmonieux.
    Lorsque vous rencontrez votre ami sur le bord de la route ou sur la place du marché, faites que l’ami qui est en vous anime vos lèvres et guide votre langue. Faites que la voix qui habite votre voix parle à l’oreille de son oreille.
    Car son âme retiendra la vérité de votre cœur comme on se rappelle le gout du vin alors que sa couleur est oubliée et que la coupe n’est plus là ».
    Khalil Gibran, "le prophète".

    Merci Jaya pour les précieux enseignements que vous nous donnez inlassablement. Puissions-nous être toujours conscients de leurs inestimables valeurs.
    Florent.

  • Merci Florent d’être de ceux qui les reçoivent.
    Jaya

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