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Deux choses à la fois...





Exposé du cours de méditation donné par Jaya le 14/10/2011

Exercices :
1 h

Pratique du samyama sur l’invisibilité niv 2
Pratique sur le Pranapana niv 1

20 min

Visualisation des symboliques graphiques et psychiques du quatrième chakra. niv2
Samyama sur la vélocité et la légèreté niv1


Exposé :

Lorsque nous abordons la pratique du yoga selon le point du vue de la philosophie du Samkhya, nous devons mettre en place dans notre esprit, le schéma de son postulat ; le monde repose sur l’interaction de la Prakriti et du Purusha.


- La Prakriti est la nature manifestée que sous-tend l’énergie primordiale, la shakti.

- Le Purusha, considéré comme l’esprit, le principe divin, est quant à lui la conscience supérieure.

Pour connaître cette conscience supérieure, les yogis vous diront qu’il nous faut développer une authentique perception de la réalité. Ils rajoutent que cette perception ne peut relever ni du mental, ni de l’intellect, et ne peut être atteinte que par l’illumination spirituelle.
Elle nécessite donc un éclairage spécifique.

L’illumination spirituelle ne peut exister sans la destruction des impuretés du mental. Là est tout le travail du yoga . Le mental et les organes des sens par nature dépendent de la Prakriti et subissent son influence. Au fur et à mesure que grandit la perception de la réalité telle qu’elle est et non telle que l’on voudrait qu’elle soit, les influences de la Prakriti diminuent sur le principe pensant qui est en nous. Le Purusha, principe universel résonne en écho dans l’individu par son entité individuelle, le Purusha individuel.

Lorsque les effets de la Prakriti diminuent en nous, Avidya, l’ignorance diminue ou disparaît. La définition habituelle du Yoga dans son principe d’unification, d’union du corps et de l’esprit, prend là tout son contraire.
En effet, à des niveaux plus profonds de la pratique, ce travail de dissociation doit être amorcé. Il ne s’agit pas de se défaire du corps mais de le maîtriser dans les couches profondes des processus énergétiques et constitutifs de la matière.
Les moyens habituels de connaissance pour n’importe quel individu reposent sur différents chemins qui sont ;

*La connaissance par les organes des sens, "les jnana indriyas",
*La connaissance par le raisonnement et l’intellect,
*La connaissance par le contact personnel et direct avec les autres, les situations ou la nature,
*La connaissance par les processus créatifs et imaginatifs,
*La connaissance par la mémoire de ce qui a été,


Mais si l’objectif du yoga vise à connaître la vraie nature du Purusha, ou plus simplement de l’existence et de ce qui la sous-tend, ces champs d’acquisition de la connaissance seront impuissants. Nous aurons besoin d’un champ de connaissance différent.
En yoga, ce champ s’appelle « Vivekakhyati ».

Nous connaissons bien le terme de Viveka, le discernement. "Viveka" est representé par Hamsa le cygne, symbole du haut discernement, illustré par sa capacité lorsqu’il boit, à séparer l’eau du lait.
Cette faculté supérieure ne peut relever, ni d’un mental chargé d’afflictions les kleshas, ni des organes des sens, sujets aux perceptions erronées.

De la même manière que nous avons dû concevoir les mathématiques pour mesurer des données cosmiques ou appréhender la réalité physique, voire quantique, de la même manière, il nous faut développer dans la démarche spirituelle, des processus de connaissance de la réalité du SOI, de l’absolu.
Vivekakhyati est un de ces moyens.

Viveka prend d’habitude le sens de discernement dans le plan de la prakriti.
Quand il s’agit du Purusha, la tâche étant plus subtile, viveka doit devenir plus subtil.
Dans la pratique constante de l’observation de l’absolu en soi-même, une nouvelle perception se développe. Cette perception, qui devient une faculté particulière est de nature double, comme si celui qui perçoit voit deux choses à la fois.

Bien sur, cette perception ne se trouve que dans le domaine méditatif ou contemplatif. Ce qui est surprenant, c’est la corrélation avec les approches physiques actuelles et la théorie des cordes, qui démontrent la simultanéité et la nécessité d’appréhender d’autres dimensions pour percevoir ou concevoir cette perception mathématique de la réalité ultime. Nous sommes là, une fois de plus, dans la concordance des connaissances mystiques empiriques et des démarches récentes cartésiennes.

Vivekakhyati est donc cette faculté de haut discernement qui amène la conscience, à savoir le Purusha individuel dans différents niveaux d’expériences contemplatifs.
Dans cette quête de la perception de l’absolu, ces différents niveaux sont :

  • La perception de ce qu’il convient d’éliminer : c’est-à-dire, ce qui entrave cette perception de l’absolu, à savoir tous les effets du mental et de l’attachement au phénoménal.

  • La perception du moyen pour arriver à cette élimination : éliminer les pensées erronées, les fausses identifications, les attachements émotionnels, les émotions primaires, les addictions physiques et mentales, les justifications nombreuses intellectuelles, dogmatiques, religieuses, les attachements aux expériences astrales, etc.

  • La perception de l’évolution spirituelle : à savoir le constat des changements obtenus par la pratique constante.

  • La perception de la réussite et de l’accomplissement : à savoir les résultats et l’obtention de nouvelles facultés.

  • La perception du but de l’expérience et la libération : la foi inébranlable dans le travail spirituel et l’abandon à ce qui est supérieur.

  • La perception de l’accomplissement du travail des trois gunas : la maîtrise des principes de la Prakriti dans son propre corps, ses organes sensoriels, la connaissance des tattwas ( les éléments), et de leur travail au sein de notre propre Prakriti.

  • La perception de son propre soi : réaliser la perception de l’absolu dans notre entité individuelle.


Nous avons là, des niveaux de progression de la pratique spirituelle qui peuvent permettre à chacun de mesurer le niveau atteint. Seul l’enthousiasme sera la marche pour le niveau suivant.


Jaya yogacharya

Bibliographie : (sutras de Patanjali-sadhana pada)


liu Bolin artiste chinois de l’invisible

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