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VOEUX de JAYA 2013





Vœux de Jaya 2013

 [1]





La Porte du temps,


Nous passons tous des portes,
qu’elles soient hautes ou bien basses,
et devons très souvent incliner pour savoir,
nos rachis cabotins sous voûtes temporelles.
Cette porte avait bien cent cinquante pieds de haut,
la moitié en son tiers, et son quart en profond,
lui donnait tant d’allure et si grande prégnance,
que je chavirais là, ma nuque à la renverse.
Propulsée dans le temps en prêtresse Essénienne, [2]
me retrouvais, étrange, aux pieds du dieu Faucon. [3]
Dans cette traversée à ces heures si chaudes,
du pylône d’Edfou, [4] coloré en ses bois,
la foule feutrait là solennelle poussière,
dans une avancée lente faite de pas anciens.
Je ne sus vraiment pas pourquoi telle émotion,
s’empara de mon être en ce lieu imprévu.
Qui fus-je en ces temps là, pour être aujourd’hui,
la guide, la « conseilleuse » aux nobles lois yoguiques,
qui entraîne avec elle des êtres pleins de foi,
et qui le soir venu, jauge la lourde tâche.
Fus-je par le passé, livreuse des mêmes règles ?
Et serai-je demain, si carnation oblige,
la même porteuse d’os pour vos eaux assoiffées ?
Le passage du temps, en nos si beaux symboles,
qui pétille l’espoir pour nos éternités,
« mature » le savoir, scelle des protections,
et observe jeunesse qui vient désaltérer.
Nous comprenons alors les Rishis [5] séculaires,
qui œuvrèrent longtemps à parfaire le sens,
tout en laissant faire au-dessus de leur tête,
les pirouettes du vent lorsqu’il vole l’encens.
Sommes-nous en effet, entre début et fin,
des chercheurs de tout sens qui parfois abandonnent,
si la force trouvée au chemin de nos quêtes,
alimente impuissante les pannes de « l’êtreté » ?
Non, « Nous » sommes les passeurs, passionnément épris,
de ces gestes si lents qui induisent l’esprit.
Nos silences bruyants « bruitent » dans nos aubes,
les solaires saluts et les mots salutaires, [6]
qui font que jour en jour, et de siècles en siècles,
nous façonnons Sagesse au prix de nos courbures,
et récoltons Ivresse au fil de nos nadis. [7]
Alors soyons heureux de pratiquer ensemble.
Harmonisons les ondes qui voguent notre navire,
et « ujjayons » [8] ses voiles pour lever nos amarres,
continuant éternels, le voyage entrepris ...


Auteur : Jaya Yogacharya

Tous mes vœux à mes chers élèves et aux aspirants yogis.
Jaya


Maheswari se joint à moi dans son silence prânique, qui si souvent vous soigne, vous porte et vous libère.

« mot » [9]
}

© Centre Jaya de yoga védanta


[19 Peinture du plafond du Pylône du temple d’Edfou (Egypte).
Les ailes déployées symbolisent le passage initiatique vers un lieu sacré et l’envol par la connaissance spirituelle.

[2 : Pline l’Ancien situe les Esséniens sur la rive occidentale de la mer Morte, en amont d’Engaddi. La règle de la communauté, ses lois, ses rites, ses croyances, ses prières, ses réécritures de la Bible ont été mis au jour à partir de 1947 grâce à la découverte des manuscrits de la mer Morte. Ils étaient considérés comme étant la troisième communauté de la société juive de Palestine, aux côtés des pharisiens et les sadducéens. Ces trois grands courants religieux juifs apparurent au milieu du IIe siècle av. J.-C., Les Esséniens vivaient dans des lieux différents et se rassemblaient dans une vie communale consacrée à l’ascèse, pratiquant l’immersion quotidienne et l’abstinence des plaisirs du monde. Ils étaient plus ascétiques et plus ésotériques que les Pharisiens ou les Sadducéens. Habitant les campagnes et fuyant les villes considérées comme des lieux de perdition. Modèles de piété et de sainteté, ils renonçaient aux richesses et vanités de ce monde, partageaient tout, ne fabriquaient ni n’utilisaient d’armes, et ne parlaient pas sans rien dire. Les Esséniens n’étaient pas nécessairement juifs.

[3ref dieu Horus. Horus est l’appellation latine d’une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon dont le nom signifie probablement « celui qui est au-dessus » ou « celui qui est lointain »
Horus est un dieu à multiples facettes, au point qu’on s’est demandé si le nom ne désigne pas en fait des divinités distinctes . Dans le mythe Osirien enfin, Horus est le fils d’Osiris et d’Isis, les dieux des passages.

[4Le temple d’Edfou, Le temple d’Horus est situé à Edfou sur la rive gauche du Nil entre Assouan et Louxor. Le temple d’Edfou a été construit entre -237 et -57 ; il est un des temples les mieux préservés en Égypte. Il est consacré au culte du dieu faucon. Son grand pylône d’entrée, est un haut portail qui permet l’entrée du temple.
Il devient ici, la porte du temps.

[5Rishis, les sages yogis contemplatifs ayant eu les révélations des Srutis, les textes sacrés.

[6Mantras, vibrations sonores, instruments pour l’élargissement de la conscience.

[7Nadis, les trajets énergétiques que le pratiquant de yoga s’attache à endiguer de prâna.

[8néologisme du mot « Ujjayi » , prânayama, technique respiratoire dite du « victorieux ».

[9néologismes

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