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Le mystère de la volonté : réponse de Jaya

10 septembre 2013, 06:40, par Jaya

La volonté psychique ne peut couvrir la volonté de l’âme. Elle n’est qu’un des aspects de cette dernière.
D’un point de vue védantique, tous les aspects relevant de la manifestation d’un individu ne sont en réalité que des modalités manifestées de l’absolu. Mais qu’est la véritable ampleur de la manifestation au regard de l’infinité ? Si toutes choses sont issues de l’absolu, elles ne sont pas à elle seules cet absolu, parce qu’elles sont considérées comme distinctes et relatives, conditionnées par leur existence. Leur existence pouvant presqu’être considérée comme illusion vis-à-vis de la réalité suprême.
La source, l’existence et le but d’une vie humaine valident les deux qualités essentielles de l’absolu : (Karana) la cause et (Karya) l’ effet. Un effet n’est autre que sa cause bien que la cause soit plus que l’effet. L’absolu en tant que principe suprême est un et sans dualité. Il est l’Atma dans toutes ses possibilités et ses modifications. Chaque être individuel, se modifie et développe ses possibilités conformément à sa propre nature. Il possède donc en lui cette part d’absolu dont il est issu, mais il possède de même les aspects de temporalités liés à sa nature manifestée. Ce qui fut, ce qui est et ce qui sera appartient à la manifestation de l’âme. Toute autre chose qui n’est pas soumise au triple temps trikala, la condition temporelle envisagée sous les trois modalités de passé, présent et futur, est cet absolu. La dimension subtile, karana sharira d’un individu est d’ordre universel et informel.
Mais sa dimension plus grossière, celle de la carnation est soumise à la temporalité.
Dans ce qui soutient la conscience individuelle, la perception de cet ultime insondable et fondateur donne à l’êrte incarné, soit un constat de déterminisme, soit une envie de créativité de sa propre vie.
La vie incarnée doit être traversée. Si l’âme incarnée établit un constat accablant sur le monde manifesté, elle peut ne pas avoir envie de cette carnation et du champ de bataille qu’il lui faut traverser. Elle a peut-être un autre chemin, ou un autre temps. Si l’âme se doit de traverser ce champ de bataille avec les outils donnés, elle le fera en fonction du niveau de conscience de sa carnation. La seule volonté de l’individu ne suffit pas. Dans le choix de lutter pour maintenir sa carnation, il y a une volonté supérieure, une volonté d’être. Cette puissance qui donne à la vie sa « niaque » pour surgir et durer. C’est la répartition des richesses des modalités possibles et infinies de l’absolu qu’un individu reçoit ou non à la naissance. La volonté de l’absolu n’est cependant pas à l’image d’une carnation humaine, mais d’une faculté d’Etre de cet absolu. La volonté de la vie même, et la vie est énergie pure.
Le suicide met en jeu la carnation même dans son rapport à l’âme, dans ses dimensions temporelle et intemporelle, éphémères et permanentes. L’obscurcissement mental et son pouvoir couvrant de la conscience ôte cette perception de l’absolu. Sans perception d’horizon lumineux, les ténèbres du dérisoire sont un refuge. Le désespoir qui pousse à renier la vie même est soit une fuite de la volonté humaine, soit un acte habité par une volonté autre, telle que celle de la souffrance ou celle d’une pensée nihiliste.
Quant à Iccha Shakti, elle reste une énergie bien humaine, bien que supérieure. Elle est l’énergie développée par le processus de purification et d’éveil du prâna et de la conscience qui lui sont associés. Elle est donc une énergie réservée au chercheur qui a trouvé.
Mes meilleurs pensées yoguiques pour votre chemin, chère yogapushpa.
Om shanti
Jaya Yogacharya

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