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Avant le début ...

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Au dernier cours de méditation, nous avons fait un exercice qui consistait à faire, par l’observation et l’intuition méditative, un bilan de notre vie portant sur les différents aspects de l’existence, à savoir, santé physique et mentale, relationnel, amoureux, familial, professionnel, financier, intellectuel, culturel, spirituel.
Le silence de la méditation laisse émerger en vous des aspects que la seule analyse intellectuelle ne permet pas.
Ce fut donc l’occasion pour vous de savoir si finalement ce bilan était positif, négatif, ou les deux à la fois.
Le bilan que nous pouvons faire à trente, à cinquante ou à quatre-vingts ans ne porte pas forcément sur les mêmes préoccupations ou priorités, et ce qui nous préoccupe à trente ans n’est plus qu’un souvenir vaporeux à quatre-vingts. D’autres problématiques ayant remplacé les premières.
A trente ans, la vie est encore devant soi avec beaucoup d’illusions, à 80 ans, elle est derrière soi avec peu.
Est-ce à dire que nous sommes destinés à les perdre ?
Sommes -nous condamnés à l’entropie de notre organisme physique, mental ?
Je rappelle ici le sens du mot «  entropie » ; principe de la dégradation de l’énergie et son processus - augmentation du désordre par l’ affaiblissement de l’ordre.

Sommes-nous donc condamnés à perdre notre agilité, notre force, notre légèreté, notre puissance neuro-musculaire ? Sommes-nous inéluctablement destinés à perdre nos facultés supérieures cognitives et mémorielles par la grande vieillesse ?
Sommes-nous destinés à subir notre vieillissement ?

Le yoga vous propose de diminuer cet impact sans échapper à la mort physique.
Son propos sur l’éternité se situe ailleurs, dans la compréhension métaphysique de l’Ātman आत्मन्, l’âme individuelle et son rapport à l’Absolu inqualifiable, le Brahman ब्रह्मन्.
Ce propos est loin d’être étranger aux réflexions scientifiques d’aujourd’hui car ces dernières portent leurs investigations dans la connaissance du réel et de l’univers et du principe absolu qui le sous-tend ou qui l’anime.

Le vieillissement impose à l’esprit la réflexion du sens profond de l’existence, tant que cela est possible avant la déperdition des fonctions intellectuelles nécessaires à cela.

Sommes-nous réduits à n’être qu’un jeu d’atomes éphémères qui se désordonnent, perdent leur énergie, se désagrégeant vers une fin inéluctable, fin finalement annoncée par la seule existence de leurs débuts, de leurs naissances ?
Notre naissance serait-elle un processus venant du néant, notre lignée avec, et déterminant le processus de fin.
Ce qui naît doit-il mourir ?
Peut-il y avoir un néant, s’il y a un début ?
L’univers est-il fini ou infini ?

Les questions métaphysiques et spirituelles portant sur l’univers et ses lois apparentes sont millénaires et ont toujours semblé inaccessibles au commun des mortels.
Nous nous les posons encore aujourd’hui dans ce monde qui prétend savoir beaucoup de choses.
La naissance, la mort, la vie, le temps, l’éternité, le début, la fin, le monde, l’infini, le fini, l’Univers, les lois universelles qui nous gouvernent ont nourri beaucoup de croyances, de mythes, de légendes, de doctrines par le seul fait que leurs réponses étaient hors d’atteinte pour l’humain.

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La physique, l’astrophysique, la cosmologie, les mathématiques, en focalisant leurs recherches sur ces mêmes principes, ont proposé des «  modélisations » de l’univers et de ses lois, des démonstrations et des preuves à différents degrés de pertinence, des supputations à démontrer ultérieurement, ouvrant parfois l’hermétisme de la foi, ou l’anéantissant ou bien corroborant ce qui échappe finalement à l’analyse cartésienne.
Reconnaissons au discours scientifique contemporain, l’ouverture qu’il n’avait pas à sa période dite classique, du XVIe au XVIIIe siècle.
Nous sommes encore très loin aujourd’hui d’avoir prouvé scientifiquement comment ont fonctionné les prophéties du passé qui se sont révélées vraies ultérieurement.
Certains scientifiques d’aujourd’hui ne rechignant pas à proposer ces énigmes à l’analyse.

Pendant les siècles de la pensée classique, la science a affirmé des vérités scientifiques en bousculant le concept de l’existence de dieu.
Copernic-Galilée remettent la terre sur son orbite et non au centre de l’univers. Newton définit l’univers selon un principe mécanique simple et non mystérieux. Darwin écarte la main de dieu par sa théorie de l’évolution par la sélection naturelle. Lamarck affirme que la vie ne serait pas apparue il y a quelques milliers d’années mais quelques millions. Quant à Freud, il met en avant un humain non maître de son esprit en totalité car sujet à son inconscient.
Du même coup, l’homme moderne perd sa place au centre du monde et n’est plus seul maître à bord de ses pensées.
Ces approches créèrent un grand bouleversement chez l’homme millénaire fonctionnant sur la foi et la vision divine de lui et du monde.
Comme rien n’est figé dans les connaissances humaines - tout bouge et donc tout change - les nouvelles découvertes scientifiques du XXe et XXIe siècles vont remettre en question la vision simpliste et mécanique du monde, remettant par là même en question de fond, le problème de la création et du créateur.

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En 1920, apparaissent les premières théories du Big Bang (le grand boom). Elles vont provoqué une onde de choc dans l’esprit de beaucoup de monde au point de créer des persécutions envers ceux qui la défendaient. Cette théorie sera reconnue vers les années 1960.
Les sorcières ne furent pas les seules à être brulées sur l’autel de l’ignorance !
Mais la théorie du Big Bang restait un modèle incomplet.

Fin du XXe siècle, la théorie de la mort thermique de l’Univers, issue des lois de la thermodynamique de la fin du XIXe siècle, va être elle aussi confirmée.
La thermodynamique utilise les notions de chaleur, d’entropie et de travail. Cette science permettant d’établir le bilan énergétique d’une transformation.
Les molécules de tous les corps vibrent, s’agitent dans tous les sens. Ces mouvements créent une énergie sous forme de chaleur.

Si nous considérons qu’il y a eu un début à cet univers, le Big Bang, et que l’univers est depuis en expansion continue, est-ce à dire que cette expansion puisse être infinie ?

A partir du moment où nous sommes dans un processus énergétique associé au phénomène de l’entropie, il y aura forcément déperdition de cette énergie considérable du début.
Si le Big Bang, le point zéro de départ, point de cohérence métaphysique représente l’ordre absolu, la direction que prend l’univers en expansion constante est celle du désordre, voire du désordre absolu.
Au vu des concepts très pointus de l’astrophysique, mon humble but est de transposer ces réflexions aux problématiques spirituelles métaphysiques afin d’en extraire des clés de compréhension pour la vie ici-bas.

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Pouvons-nous nous demander si le désordre absolu est un état de dissolution totale ou bien un point de basculement zéro, un bindu métaphysique à partir duquel l’ordre peut réapparaître ?

Cela nous rappelle aux cycles cosmiques des textes sacrés.
Ces cycles et leurs dimensions vertigineuses sont hors de portée de l’observation et ne sont pour l’instant qu’une hypothèse scientifique ou un savoir cosmogonique.
Si nous observons cependant les cycles courts de la vie sur terre, ils pourraient être les indicateurs des lois qui gouvernent l’univers à grande échelle.
Au début du XXe siècle, Albert Einstein élabore la théorie de la relativité par la trilogie espace-temps-matière, où chacun des éléments est indissociable des deux autres. Le but n’est pas ici de développer la théorie quantique qui en a découlé.
L’intérêt est le postulat que cette trilogie pose. Une cause à l’univers et à ces trois principes ne serait pas de leur même nature.

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Depuis les années 1970, le principe "anthropique" s’impose largement et accule les cosmologistes matérialistes à établir des spéculations sur des univers parallèles et multiples pour éviter à devoir justifier cette théorie.
Le Principe anthropique étant celui selon lequel l’évolution de l’univers aurait été conduite par la finalité de la vie humaine.
Chercher des univers parallèles n’éliminant pas forcément ce principe.
A notre niveau, si le monde manifesté dépend de la finalité de la vie humaine, les multi-univers ne sont pas dérangeants, cela donnant à cette vie humaine, une dimension transcendantale qui est le fondement de la science yoguique.

Mais avant d’accéder à cette dimension-là, il nous faut revenir à l’étonnement d’un phénomène majeur et permanent à nos yeux :la puissance et la fragilité du vivant.
Nous sommes le vivant, fragile et dérisoire,
qui plie au vent majeur et casse au moindre cil …

C’est à la fin du XXe siècle que la biologie a mis en évidence la problématique subtile de l’univers, à avoir pu passer il y a plusieurs milliards d’années de l’inerte au vivant.

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L’origine de la vie sur Terre demeure incertaine. Les plus anciens micro-organismes fossiles observés sont datés d’au moins 3,5 milliards d’années durant le Paléoarchéen.
Ce processus pourrait relever de la magie tant sa probabilité pour qu’il ait lieu dans l’infini inerte était infime.

Et pourtant, ce miracle a eu lieu.
Rien du néant absolu, ne peut sortir ! disait le philosophe grec Parménide, VIe siècle av J.C.

Si l’univers a un début, qui l’a crée ?
Question que se posent les scientifiques Bolloré et Bonnassies.

Le yoga, système pratique philosophique d’intégration, permet à l’humain, l’union des éléments qui le constituent dans son intériorité, plans physiques, mentaux, énergétiques.
Il permet aussi l’union de cette individualité avec des éléments plus larges et extérieurs à elle, tel l’univers dans lequel l’homme se trouve.

Le yoga révèle à l’humain sa dimension divine lorsque celui-ci a enfin accès à sa véritable nature par la transcendance des lois naturelles qui l’animent.
Cela relève de l’expérience et non de la spéculation intellectuelle ou philosophique.
La pratique yoguique est fondamentale de nature scientifique.
Elle expérimente et constate les effets tangibles, quantifiables sur le corps et l’esprit de celui qui la pratique.
Le yogi a alors accès à la reconnaissance de son moi objectif, identique à l’absolu, infini et éternel, son moi subjectif ayant transcendé la temporalité, la matérialité, la spatialisation.

A défaut d’avoir la preuve scientifique de l’existence de Dieu, preuve que la foi ne cherche pas, nous avons la preuve, chacun de nous, que la vie nous anime bien chaque jour que nous vivons pour la sentir et témoigner de sa nature, complexe, paradoxale, puissante et fragile, belle parfois et parfois difficile.

La vie qui nous anime possèderait-elle en elle le génie de sa création ?
Auto-émanante, auto-crée, la vie serait t-elle de nature divine ?
En sommes-nous ses dieux et déesses ?
Nous pouvons nous plaire à le croire.
Hari om tat sat
Jaya Yogācāryaḥ

Bibliographie :
- "Dieu, la science, les preuves" de M.Y Bolloré et O. Bonnassies aux edts Trédaniel
- Adaptation et commentaire de Jaya Yogācāryaḥ

remerciements à C. Pellorce pour la correction

©Centre Jaya de Yoga Vedanta La Réunion

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