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Le Libre arbitre ou la vie des potentialités

Conférence du vendredi 5 mars 2021

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La dernière fois, nous avons parlé de la possibilité de nous déplacer dans l’espace-temps par le pouvoir de l’esprit et le véhicule qu’est notre âme. Nous sommes allés voir dans notre jeunesse ou enfance, les tonalités déjà existantes de cette dernière afin de reconnaître ce qu’elle savait déjà et ce qui nous animait pour tendre vers cet avenir dans lequel nous sommes aujourd’hui.

Remonter le temps vers le passé ou le transcender vers le futur nécessite de sortir de la linéarité de votre vie actuelle.
Rappelez-vous, pour bouger dans le temps, il faut se désynchroniser de cette ligne de vie là pour faire l’expérience d’autres lignes de vie où le temps est différent.

Nous avons vu que la visualisation puissante peut nous amener dans un espace-temps qui n’est pas celui dans lequel vous êtes aujourd’hui.
Notre conception du temps très simpliste est voilée par notre manque de vision du réel et de ses processus extrêmement subtils.
Ordinairement, nous expérimentons le temps par des déplacements dans notre espace-temps présent.

Nous considérons que l’espace est partout autour de nous et présent aussi bien devant que derrière nous, et même si nous nous retournons, l’espace est toujours là, derrière nous.
Par contre, il nous est difficile de comprendre que pour le temps c’est un peu pareil.
Nous avons le sentiment que le passé derrière nous n’est plus là et que le futur devant nous n’est pas encore là.
Le temps étant bien associé à l’espace, si le passé est derrière moi, cela ne veut pas dire qu’il n’est plus là, et de même pour le futur.
Le futur est déjà là et le passé y est encore, simultanément avec le présent.

Il y a donc dans notre présent actuel, les prémices de notre futur et les traces de notre passé.

Nous expérimentons aussi le temps à l’échelle d’une vie entière par notre propre oxydation cellulaire qui nous cuit peu à peu en nous emportant dans des changements radicaux.
La beauté de l’enseignement yoguique depuis des milliers d’années est à la fois de sublimer le temple qu’est le corps éphémère - demeure des énergies divines - en optimisant ses outils et en ralentissant le processus de cette cuisson par la transcendance de son énergie, mais aussi d’accéder à ce qui n’est pas lui par la non identification à sa temporalité.
Nous parlons là de l’Ātman आत्मन्, de l’âme.

Si c’est l’âme qui voit, elle peut voir l’intemporalité et la simultanéité du temps.
Comme nous ne sommes pas que cette enveloppe charnelle mais aussi un champ émotionnel et un esprit, nous pouvons dans cette vie-là, expérimenter le temps par la maturité, l’élargissement du savoir et de la réflexion, tout comme nous expérimentons le temps par le cœur et ses gains de compassion ou ses regrets et ses usures.

Le yogi se veut être un être éternel, apte à retrouver sa vraie nature, celle de l’absolu.
Il a toujours eu la prétention - elle-même fondée par l’obtention des Siddhi सिद्धि (pouvoirs du yoga) -, d’accéder, par son savoir expérimental et mystique, à une dimension de la réalité qui échappe à la vision ordinaire.

Par son double travail d’union du corps et de l’esprit et celle de l’âme et de l’univers, il peut accéder aux états de supra-conscience et à la vision du temps lui-même, à savoir le Kāla Darśana काल दर्शन voir conf « La Saut ».
Plus simplement, il peut voir les vies antérieures ou prédire l’avenir, voire s’y déplacer. Cela pourrait donner un aspect de " fakirisme ", incitant au doute et à la méfiance.
Il nous faut préciser là, que les vrais siddhi sont considérés par le Sādhaka साधक lui-même, comme une entrave possible à sa progression spirituelle vers les plans plus absolus. Non seulement, ils ne sont jamais montrés mais ils ne sont jamais utilisés à des fins de démonstrations spectaculaires et égotiques sous peine de les perdre véritablement. Ils seront utilisés dans des situations de nécessité soit didactiques, soit de soins, soit initiatiques, soit pour la transcendance elle-même.

Aujourd’hui, certains scientifiques quantiques se tournent vers les paradigmes des pratiques spirituelles millénaires pour appuyer leur "déchiffrement" contemporain de la réalité.
Ils valident les approches intuitives et expérimentales des mystiques pour corroborer leurs analyses implacablement logiques de la réalité.
Ils auraient même tendance, pour certains, à vouloir prendre le rôle des mystiques eux-mêmes, en oubliant que les pratiques approfondies spirituelles, qui peuvent nécessiter des années d’apprentissage, sont incontournables pour la transcendance.
Loin de moi d’être réactionnaire en disant cela.
Ces approches intellectuelles et scientifiques de la spiritualité ont pour vertu de clarifier des concepts métaphysiques parfois obtus et jusque là réservés à des érudits tels les jñāna ज्ञान yogis par exemple.
Mais l’approche intellectuelle n’est pas suffisante à la transcendance spirituelle.

La transformation nécessaire de tous les plans de l’être, des grossiers aux plus subtils, par la Sādhana साधना, la pratique spirituelle, ne peut être remplacée par la simple compréhension cérébrale. Les jñāna yogis qui y sont arrivés l’ont fait en associant au raisonnement philosophique pointu, les pratiques de la méditation profonde.
Il faut du temps pour devenir un véritable Sādhaka !

Il est probable que nous assistions dans les décennies à venir, à l’oubli des ascètes et de leurs facultés supérieures, si tant est qu’il en existera encore, au profit d’une nouvelle génération de guides mystiques scientifiques reconnus par leur seul discours, que ce soit en physique quantique ou en neurosciences.

Ils répondront ainsi, par la crédibilité scientifique aux yeux du plus grand nombre de gens, aux énigmes millénaires concernant les pouvoirs de l’esprit sur la matière, aux transcendances du temps ou de l’espace que connaissaient les maîtres anciens.

Si, ma foi, ce discours peut éclairer et donner des clés aux humains d’aujourd’hui pour amorcer chez eux un changement éthique et salutaire de leur comportement arrivé à bout de souffle, alors ils joueront un rôle majeur pour assurer cette transition.
Probablement qu’ensuite, on redécouvrira les vrais magiciens que sont les éternels yogis !

La transcendance du yogi, du plan physique au plan de l’esprit met en évidence qu’il n’y a pas une seule réalité inéluctable et linéaire de laquelle on ne peut sortir.
On contredit là le principe déterministe voire matérialiste qui voudrait que notre libre arbitre soit une illusion, que notre destin soit déjà écrit et qu’on ne puisse rien transcender.
Or la physique quantique ne parle pas d’un espace-temps figé entre un point initial qu’est le big-bang et une fin des temps.

L’observation du présent permet en soi la construction d’un futur proche ou lointain.

2

Agir sur le passé pour que le présent ou le futur change, relève des prouesses méditatives de l’esprit.
Certains scientifiques vous diront que cela est impossible dans la logique des causes et des effets et que le passé ne peut être changé.
D’autres tiennent le discours contraire, comme P. Guillemant, affirmant que notre espace-temps à quatre dimensions appartient à un univers multidimensionnel infini où nous pourrions avoir de nombreuses vies parallèles, cette hypothèse rappelant la théorie des cordes de la mécanique quantique. Tout n’est qu’énergie consciente oscillante.

Observer le présent avec acuité est cependant accessible à tout le monde.
Dans l’observation du moment présent, tout problème porte en lui sa solution à partir du moment où vous admettez son existence et que vous en dégagiez la signification.

Le choix de telle ou telle solution permet de pouvoir observer finalement les autres possibilités. Vous façonnez ainsi le futur et les solutions sont infinies.

3

Dans des situations différentes, bonnes ou mauvaises, un évènement, une rencontre, un détail peut changer subitement ou déclencher une évolution ultérieure imprévue. C’est une information qui vous permet d’aiguiller une direction ou entrevoir que c’est l’univers qui est aux commandes et qui a manipulé le levier pour vous.

Le tout est de savoir quel est votre rapport à cet univers ou cet absolu et si vous savez communiquer avec lui, autrement dit, si vous en avez compris ses puissantes et subtiles lois.
Là, nous revenons sur l’idée de votre intention interne à désirer un but et la réponse de l’univers à le réaliser par l’intention externe.
N’agir que par votre intention personnelle ne sert à rien. Il vous faut comprendre la nécessité de faire répondre l’univers dans votre sens et non pas le subir sans comprendre ou rester enfermer dans des rêves qui ne se concrétiseront jamais.

L’univers ne connaît qu’un seul langage, celui de l’âme et de l’amour.
Celui qui a compris qu’il est à l’image de cet univers et fait des mêmes lois, saura, par les alignements, les visualisations, le langage du cœur et de l’âme, le libre arbitre, établir la connexion et ouvrir le flux du champ informationnel.

La nature phénoménale vous envoie en permanence des signes, des avertissements, des informations qui influencent votre ligne de vie présente. Vos réponses et vos choix à ces signes détermineront votre futur.
La lecture de l’observateur centré sur les signes du présent et les choix d’orientation, de bifurcation façonneront la suite de son parcours du temps.
Quand bien même n’aurions-nous qu’une seule vie, chaque instant après chaque instant peut être le reflet de nos multiples vies potentielles, mémorisées dans le champ informationnel de l’univers.

Le seul choix fait à chaque instant dans votre vie permet aux autres potentialités d’exister.

C’est ainsi que votre vie devient celle que vous choisissez, à cet instant-là dans cette diapositive-là du moment présent. Les autres potentialités pourraient bien indiquer que nous les ayons déjà vécues ou que nous les vivons ou les vivrons d’une façon ou d’une autre.
Le champ informationnel de l’espace-temps étant infini et infiniment potentiel, nous pourrions penser que toutes ces vies-là sont vécues simultanément. Dans tous les cas, rien ne nous empêche d’accéder à d’autres diapositives de nos vies potentielles.
Cela reste une spéculation intellectuelle.

Seule la transcendance du temps pourrait nous en donner la réponse.
Faudrait-il encore passer de l’autre côté du miroir !

Éternité et temps seraient donc deux principes distincts. Le premier étant le temps lui-même infini, le temps de l’Univers, le second n’étant qu’un instant t, le nôtre, permettant l’actualisation de toutes les possibilités alternatives de notre chemin de vie.

Une seule de ces vies est donc actualisée au temps présent. La nôtre en ce moment.
Mais tout reste ouvert aux voyages possibles dans toutes les autres.
Hari Om tat sat

Jaya Yogācārya

Bibliographie ;
- « La route du Temps » de Philippe Guillemant aux edts Tredaniel
- « Le bruissement des étoiles du matin » de Vadim Zeland aux edts Exergue
- Adaptation et commentaire de Jaya Yogācārya

©Centre Jaya de Yoga Vedanta Ile de la Réunion

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