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Peut-on encore rêver ?

Prophète
3e partie
Réponses élèves et Analyse Jaya


ÉlèveN.S.S
- texte entier de l’élève

  • Bonsoir Jaya, 
    Ci-après, la réflexion (d’une débutante) sur le prophète. Ces pensées ne sont guère des idées toutes faites ou arrêtées. Je les ai écrites en toute simplicité et bienveillance, sans aucune prétention.
    Une majorité d’hommes sont contrôlés et régis par la peur, l’argent, le pouvoir (de domination), l’individualisme. 
    L’Homme a utilisé la technologie et la nature pour satisfaire son plaisir à court terme, pour mieux vivre dans l’illusion (consumérisme, matérialisme). L’Homme est assujetti par ce qu’il a créé, par ce qu’il a inventé car son invention a été utilisée à mauvais escient, à des fins détournées. Toujours plus de profits, plus de plaisirs, plus de pouvoir.
    Si je devais faire une comparaison, je dirai que l’Humanité est comparable à un être incarné. Il passe par différentes périodes (bébé, enfant, adolescent, adulte, personne âgée). Arrivé à la fin d’un cycle, il en recommence un nouveau (assimilé à la mort puis à la réincarnation). Aujourd’hui l’Humanité n’est qu’un enfant ou adolescent qui répond à des besoins primaires. Il y a des milliers d’années, elle est sûrement déjà passée par l’âge adulte rempli de sagesse et d’expériences.
    J’imagine le Prophète comme le parent de l’Humanité, qui a pour mission de la guider vers le chemin de l’Éveil.
    Pour élever la conscience de l’Humanité, ne devrait-elle pas changer de paradigme, passer à une dimension plus évoluée ? Un événement majeur pourrait tendre vers cet objectif. Je pense que la pandémie a été un bon Prophète, elle a eu pour mérite de bousculer cette organisation mondiale déjà bien ancrée. Bien qu’elle ait eu des dérives, cela a permis à une grande partie de la population mondiale de se remettre en question, de voir la vie sous un autre angle. Le prophète pourrait aussi faire partie des êtres plus élevés, sans forme visible. Il viendrait révéler à l’Homme sa nature profonde, il serait fait d’Amour, d’Unicité. Chaque individu ne serait plus assujetti au pouvoir, à la force, à la peur, à l’argent. Bien au contraire, chacun occuperait sa place sur Terre, vivrait en harmonie avec lui-même et avec ce qui l’entoure. Tous les hommes seraient alignés, au service du Tout. Le prophète est en chacun de nous, il doit se révéler à la conscience humaine.
    Je vous souhaite une excellente soirée.

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Analyse de Jaya

  • *Ci-après la réflexion (d’une débutante) sur le prophète. Ces pensées ne sont guère des idées toutes faites ou arrêtées. Je les ai écrites en toute simplicité et bienveillance, sans aucune prétention.

* Un débutant ne pourrait-il pas dire des choses pertinentes ? Inutile de se justifier dès le départ sur la prétention ou non de nos réflexions, cela pourrait suggérer un sentiment de fausse modestie.
Ne vous justifiez pas trop dans l’existence, soyez !

  • *Une majorité d’hommes sont contrôlés et régis par la peur, l’argent, le pouvoir (de domination), l’individualisme.

* Oui, les hommes sont gouvernés par la peur de la mort, voilà le 1er problème de l’existence.

  • *L’Homme a utilisé la technologie et la nature pour satisfaire son plaisir à court terme,

* Parfois à court terme mais pas toujours. Que faites-vous de la culture du blé à nos ancêtres et nos viennoiseries d’aujourd’hui ? Que faites-vous de l’imprimerie de J.Guttenbert ou des inventions électriques de Th.Edison, l’invention de la roue, les aéronefs de L de Vinci dont les fruits ont façonné et façonneront encore longtemps la société humaine ?

  • *pour mieux vivre dans l’illusion (consumérisme, matérialisme).

* Peut-on dire que la consommation matérialiste est une illusion ?
Métaphysiquement, oui, elle peut la créer du moins.
Māyā माया est l’illusion védantique, cette incapacité de l’homme à comprendre le principe réel et sous-jacent du monde manifesté. Manas मनस् le mental humain est l’outil limité qui participe de l’effet de Māyā sur la conscience humaine.
Māyā perpétue l’illusion de la dualité dans l’univers phénoménal. Elle est la nature illusoire du monde. Pour les mystiques indiens, cette manifestation est réelle, mais c’est une réalité insaisissable à l’image de l’absolu impermanent. Chaque personne, chaque élément du monde n’est qu’une goutte d’eau d’une réalité sans limites. Le but de l’éveil spirituel est de comprendre le mirage de la Māyā (dualité) afin de la transcender, de passer son voile et de réaliser que Ātman आत्मन् c’est-à-dire le soi et l’univers, le Brahman ब्रह्मन् ne font qu’un.
Notre évolution a toujours reposé sur notre aptitude à dompter en partie la réalité manifestée, sur l’expérience concrète de monde phénoménal, par la sophistication progressive de notre matérialité, de nos outils, des plus rudimentaires aux plus sophistiqués. C’est un fondement de nos fonctionnements et nos réalisations matérielles dans cette manifestation sont loin d’être des illusions.
Sont-elles illusoires par rapport à la nature profonde et infinie de la vie ? Probablement car elles n’échappent pas à l’entropie et à la temporalité. Elles sont loin d’être une illusion dans le vécu matériel de cette temporalité. Elles sont en quelque sorte nos Vāhana वाहन, nos véhicules qui nous aident à traverser cette existence temporelle. Nous avons des fusées, nous faisons des prothèses intelligentes, des voitures automatiques, des chirurgies robotisées, etc.
Plus la sophistication et l’utilisation de ces outils grandissent, plus grand est le risque cependant de boycotter nos approches réflexives métaphysiques des principes immuables de la création et du monde, cela changeant notre place naturelle dans ce monde.
Cette « illusion » pourrait de plus en plus être effective par l’exacerbation de l’utilisation ou dépendance de ces interfaces technologiques et matérielles, créant en nous une identification à l’éphémère ludique en renouvellement permanent.
Toute chose matérielle étant vouée à l’entropie, au chaos de sa dé-construction, œuvrerions-nous dans l’infini transitoire ?
Sommes-nous destinés à devenir, au regard du ciel, des êtres phosphorescents et « libéllulaires » dont les activités et les durées de vie sont dérisoires, ou cela s’inscrit-il dans un cycle relatif de l’infiniment petit à l’infiniment grand, où la magie de l’existence rend la vie d’un éphémère sur un étang Africain aussi importante que la nôtre ?
L’illusion serait-elle simplement la perception limitée d’un aspect de l’infinie réalité ?

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  • * L’Homme est assujetti par ce qu’il a créé, par ce qu’il a inventé car son invention a été utilisée à mauvais escient, à des fins détournées.

* L’Homme est assujetti par ce qu’il a créé :
Est-ce une loi inéluctable ? Cela exigerait une réflexion approfondie. Je pense aux créations d’un inventeur, qui parfois permettent aussi de libérer, tel libérer de l’asservissement manuel par l’automatisation, la voiture nous libérant de la marche, l’avion nous libérant de la gravité en quelque sorte. C’est lorsque cette utilisation se transforme en dépendance qu’elle devient exigeante en coût de temps, de consommation d’énergie, etc. Il y a, en effet des créations qui auraient mieux fait de ne jamais émerger tant elles furent aliénantes pour le groupe humain (les armes, les bombes, les drogues…l’argent ...).

  • * Toujours plus de profits, plus de plaisirs, plus de pouvoir.

* Oui, une des directions dominantes que nous suivons dans notre monde est celle du « plus, plus, plus  ».
La nature fonctionne sur les lois des forces d’équilibrage. Trop de « plus » fait tomber dans un excès de potentiel et la nature s’arrange pour revenir à un état d’équilibre. Ce ne serait pas forcément ici par « le moins », mais par un point de basculement. Oui, nous pourrions considérer qu’en consommant moins, en produisant moins..
Or, nous nous reproduisons de plus en plus…
Certains mouvements écologiques, associatifs, idéologiques, appellent « au moins ». Moins consommer, recycler, revendre, réutiliser, moins gaspiller, économiser, contrôler les dépenses énergétiques, changer nos moyens de transports, utiliser moins les avions, davantage le train, moins la voiture, plus la bicyclette, revendre sur le web les vieux jouets ou habits de vos enfants, supprimer les intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs, etc., etc.,etc.
Mais, pendant que certains se mettent à marcher ou pédaler pour participer à une action citoyenne de décroissance et d’économie de l’énergie, certains font des voyages très couteux dans la stratosphère.
Tout est une question de curseur.
Au regard de notre échelle planétaire et humaine, c’est un problème.
Au regard de l’univers, c’est une peccadille.

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  • *Si je devais faire une comparaison, je dirais que l’Humanité est comparable à un être incarné. Il passe par différentes périodes (bébé, enfant, adolescent, adulte, personne âgée).

* Les textes anciens hindous parlent des cycles cosmiques et karmiques.
Ces cycles sont appelés les Āmnāya आम्नाय Ils font partie de certaines classifications dont les plus connus sont les 4 grands âges, les Yuga युग

    • Kṛta कृत ou Satya सत्य yuga,
    • Tretā त्रेता yuga,
    • Dvāpara द्वापर yuga,
    • Kālī काली yuga.
      Un yuga est un âge ou une époque. Selon la cosmogonie hindoue, le monde existe sur une durée de 4 320 000 années solaires Mahāyuga महायुग, avant de se dissoudre et d’être recréé à nouveau. Le premier yuga, Satya est un âge d’or. Lorsque son déclin commence, il se poursuit jusqu’à l’âge sombre de Kālī, dans lequel nous serions actuellement, et qui précède la dissolution Pralaya प्रलय.
      Nous pourrions donc comparé les 4 âges, enfance, adolescence, maturité et vieillesse à ces 4 âges.
      Le système des quatre yuga sont parfois décrits comme étant l’âge d’or, d’argent, de bronze, et de fer.
      Ces âges sont illustrés par les quatre têtes de Balā Brahmā बाल ब्रह्मा, un des épiclèses de Brahmā, le créateur, et qui préside dans Mūlādhāra cakra मूलाधार चक्र en tant que principe de la création, de nature pacifiste, proposant les Śruti श्रुति, les écritures révélées et sacrées, l’amṛta अमृत, faisant l’abhaya-mudrā अभयमुद्रा, le geste du courage et tenant enfin le Padma पद्म, le lotus, symbole du chemin spirituel, et plus particulièrement pour le yogi, la quête de l’éveil de la Kuṇḍalinī कुण्डलिनी en vue de la réalisation de la supra-conscience.
  • *Arrivé à la fin d’un cycle, il en recommence un nouveau (assimilé à la mort puis à la réincarnation).

* La réincarnation (retour dans la chair), désigne le processus de survivance après la mort par lequel un certain principe immatériel et individuel (âme, substance éthérique, vitale, conscience individuelle, énergie, esprit) accomplirait des passages de vies successives dans différents corps (humains, animaux ou végétaux, selon les théories).
Dansla littérature, la transmigration des âmes a été assimilée aux concepts de :
- la métempsychose : doctrine selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps (humains ou animaux).
- la métensomatose : doctrine qui signifie le déplacement du corps spirituel vers une nouvelle existence physique dans le monde tangible. La métensomatose est une variante de la réincarnation bouddhique car elle représente une sorte de retour automatique sur terre par le processus du saṃsāra संसार, lui-même transmigration, courant des renaissances successives, selon le bouddhisme et qui se fait selon des cycles d’ existences conditionnées successives, soumises à la souffrance, à l’attachement et à l’ignorance. Ces états étant conditionnés par le karma कर्म. Elle serait cependant psycho-physique et non psychique (comme dans la métempsycose), c’est-à-dire qu’elle transmet au nouveau corps une partie des éléments psycho-intellectuels de l’ancienne identité décédée dans le passé. L’identité de l’individu et sa génétique changent donc d’une vie à l’autre selon les lois du hasard et des liens de causalité psychiques mais conservent les valeurs de l’esprit et de la conscience individuelle et collective (karma & dharma धर्म). Le caractère psychique et la pensée resteraient les mêmes bien que d’ordinaire la personne ne se souvienne de rien. La personne retrouve parfois des acquis de conscience personnels par la pratique spirituelle et introspective, non pas en cherchant dans ses souvenirs liés au passé, mais en faisant l’expérience. D’où la tradition des tülkou dans le bouddhisme tibétain.

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- la palingénésie (mot grec) associée à l’Éternel retour. C’est une doctrine employée par les philosophes stoïciens pour désigner la reconstitution du monde après que le feu l’a détruit, cela dans un éternel retour. Palingénésíe signifiant « naissance à nouveau », « régénération ». De façon plus générale, la palingénésie est plus simplement le retour à la vie des divers éléments de la nature. Les plantes se nourrissent de minéraux, les animaux se nourrissent de plantes, les hommes se nourrissent des animaux ou de leurs produits ; en respirant, tout vivant assimile germes et poussières... Dans ce cycle toujours recommencé, les composants de la vie s’échangent, se redistribuent après la mort. C’est la palingénésie universelle, cosmique.
On retrouve donc le principe général de la réincarnation dans diverses religions et philosophies depuis l’antiquité, sans qu’elle trouve une unanimité théologique ou dogmatique. Dès la fin du XIXe siècle, la réincarnation a été popularisée en Occident par divers courants ésotériques et spirites. Toutes les tentatives expérimentales pour la prouver n’ont pas été validées par la science. Cependant, certains témoignages surprenants d’enfants très jeunes aptes à décrire les événements d’une vie passée laissent la porte ouverte à sa possibilité.
En ce qui concerne l’Inde, la réincarnation est un concept intrinsèque de la pensée Indienne
L’idée de la réincarnation est issue de la préhistoire indienne et existait au sein de l’Inde aborigène, c’est-à-dire d’avant les invasions des tribus originaires de l’actuel Iran et à qui l’on doit ultérieurement le védisme.
Ces notions aborigènes pénètrent la société des conquérants. Lorsque les brahmanes cessèrent peu à peu de considérer les dieux védiques comme Indra इन्द्र, Váruṇa वरुण, etc., au profit de Śiva शिव, Viṣṇu विष्णु, leur théorie de la réincarnation s’amplifia et cette croyance s’établit alors dans le monde dravidien. Le jaïnisme et les premières Upaniṣad उपनिषद् sont révélateurs de cela. La réincarnation dominera épisodiquement la vie spirituelle selon les périodes mais restera toujours en fond des Darsan दर्शन, des philosophies spiritualistes indiennes.
On suppose que ce sont les ascètes errants de l’Inde antique qui transmirent leur croyance en la réincarnation au courant dominant du brahmanisme. Plusieurs maîtres spirituels et érudits s’appuieront ensuite sur elle via les théories du karma et du dharma. La Bhagavadgītā भगवद्गीता, texte majeur, aborde cette grande théorie de la réincarnation par le biais du karma et du principe de la causalité lors de l’enseignement spirituel donné par Kṛṣṇa कृष्ण, à l’élève Arjuna अर्जुन.
Ref : wikipédia

  • *Aujourd’hui l’Humanité n’est qu’un enfant ou adolescent qui répond à des besoins primaires.

* Pensez-vous que la race humaine en soit au stade de l’adolescence ?
Certes, l’immaturité d’un grand nombre pourrait le faire croire. Ne sommes-nous pas plutôt face à une civilisation adulte ayant une certaine maturité au vu de ses avancées scientifiques et de sa gestion mondiale comparée à l’âge paléolithique, puis à l’âge de la renaissance ou celui des lumières ?
Par contre, elle n’a probablement pas la maturité spirituelle et psychologique qu’elle aurait dû atteindre pour gérer ses nouveaux pouvoirs.
La dernière fois, je vous disais qu’il nous fallait une école pour parents, et plus encore une école de l’éthique, à une époque où l’école est obligatoire pour une majorité. Depuis la loi Jules Ferry de 1882, l’instruction est obligatoire. Cette obligation s’applique à partir de 3 ans, pour tous les enfants français ou étrangers résidant en France. À l’origine, l’instruction était obligatoire jusqu’à l’âge de 13 ans, puis 14 ans à partir de 1936. Depuis 1959, elle a été prolongée jusqu’à l’âge de 16 ans révolus.
Si une majorité du quatrième âge actuel n’a pu bénéficier d’études supérieures, la majorité de nos concitoyens en âge adulte actuellement sont censés avoir été à l’école, du moins dans le secondaire et y avoir reçu entre autres, une instruction civique !

  • *Il y a des milliers d’années, elle est sûrement déjà passée par l’âge adulte rempli de sagesse et d’expériences.

* Serait-ce la théorie des « Anciens aliens » ou anciens astronautes que l’élève suggère ici ?
Cette théorie, parfois sulfureuse, propose malgré tout, des recoupements intéressants pouvant expliquer les grands mystères architecturaux, les mythes et représentations iconographiques, sculpturales, les cultes de nos anciennes civilisations.
Y est démontré la théorie de la visite sur terre, il y a fort longtemps, d’extra-terrestres aux connaissances avancées et technologiques, ayant permis aux anciens de faire des sauts prodigieux pour évoluer. (Egypte, Sumériennes, Aztèques, Hindous, etc., voire les civilisations englouties ou disparues telles l’Atlantide).

Pour revenir aux cycles karmiques avancés par les cosmogonies orientales, nous pouvons penser que les ṛṣi ऋषि, les fameux sages reconnus, pour ce qui est de la civilisation indienne, ayant eu la connaissance révélée par les processus yoguiques méditatifs lors de leur dialogue intérieur avec les principes supérieurs subtils ou divins de l’univers et de la Prakṛti प्रकृति, et cela sans l’aide d’extra-terrestres, étaient à même d’éduquer ou de guider l’humanité de l’époque, leurs connaissances reposant sur le savoir fusionnel et intuitif.
Mais les groupes humains ont surtout été dirigés par des guerriers et des gens de pouvoir depuis la nuit des temps. Dans toutes les anciennes civilisations, le savoir des anciens relevant des cultes avancés religieux étaient étroitement lié à la gestion politique de la cité faite par les plus stratèges ou les plus guerriers.
Autrement dit, je doute fort que des civilisations humaines aient eu des périodes remplies de sagesse éthérique et d’expériences transcendantales sans conflits guerriers parallèles, sans exterminations de ces défenseurs de l’amour divin. Si cela fut le cas sur quelques courtes périodes, cela le fut pour des groupes réduits d’initiés ou d’individus solitaires. L’histoire du christianisme, qui prônait l’amour de l’autre s’est soldée par le prix de beaucoup d’atrocités sur les fidèles, tout comme celle des Cathares persécutés et exterminés, pour ne citer qu’eux.
Mon intention n’étant pas ici d’enlever le souvenir idyllique d’un passé glorieux (voire hollywoodien), et si ce fut le cas, tout a été effacé et remis à zéro, nous ramenant au long et pénible périple de l’évolution de l’ Homo habilis à l’homonuméricus et qui a duré 3 millions d’années. Il dure encore.

Autrement dit, soit, nous voulons retrouver un passé idéal qui aurait existé dans un cycle précédent, dépourvu des paramètres civilisationnels actuels, soit nous voulons tendre vers cet idéal mais devons le faire avec les paramètres actuels.
Compte tenu des nouveaux paradigmes scientifiques d’aujourd’hui, cet idéal ne peut tenir la route.

Nous devons muter et avec nous nos idéaux.

Dans les cinq observances du 1er pilier de l’Aṣṭāṅgayoga अष्टाङ्गयोग du deuxième chapitre le Sādhana Pada साधन पद des Sūtra yoga सूत्र du Yoga classique Brahmanique de Patañjali पतञ्जलि, que sont les 5 Yama य, observances par rapport à autrui, nous y trouvons :
Ahiṃsā अहिंसा la non-violence, Satya सत्य la véracité, Asteya अस्तेय l’ honnêteté, Brahmacarya ब्रह्मचर्यle contrôle de la sensualité, Aparigraha अपरिग्रह la non-possession des biens matériels.
Ces observances sont censées être appliquées voire maitrisées avant tout début de pratique yoguique.

Pouvons-nous vraiment penser qu’elles puissent être aujourd’hui les fondements de l’instruction civique applicable à un plus grand nombre dans l’objectif de les rendre plus sages ?

Au regard de l’hyper-matérialisme, de l’hyper-consumérisme, de l’hyper-compétitivité, de la capitalisation de tous nos actes, du fléau de la drogue, du darknet, de la prostitution à grande échelle, de la corruption la plus primaire à la plus sophistiquée qui soit, celles des politiques ou des industriels, de la corruption du langage et de l’image, etc., etc., etc., ces yama ne pourront jamais concernés le plus grand nombre.
Et pourtant, nous les avons depuis des siècles sous les yeux.
Les sages semblent avoir échoué en ce qui concerne l’éducation d’un grand nombre de personnes.
La sagesse, pointue et délicate est l’affaire de relations privilégiées s’appuyant sur un enseignement initiatique qui concerne finalement peu d’êtres.
Pourrait-on de nos jours déplacer cet enseignement sacré et secret à grande échelle sans le corrompre ?

Aujourd’hui, marcheraient à coup sûr, sur les réseaux sociaux, des « contre-yama  ».
« Violence ou paix selon le moment », « Mensonge ou Vérité selon le moment », « Selfie avec ou sans maquillage selon le moment », « Bisexuel ou non genre selon le moment », « Cupidité ou ONG selon l’humeur ».
Si je veux devenir célèbre, il me faudrait peut-être rédiger des « contre-sutra » et signer à l’envers
Irs AYAJ.

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  • *J’imagine le Prophète comme le parent de l’Humanité, qui a pour mission de la guider vers le chemin de l’Eveil.

* Pourquoi Parent ? Il y a en effet dans le parent, le rôle du protecteur, celui qui éduque et qui guide et que l’on retrouve chez le guide spirituel.
Celui qui nous accouche à la conscience.
Le prophète doit-il nous faire renaitre, recréer notre naissance au monde par sa révélation.
Pourrait-il être un ami ? Un amour ? Un frère ? Le guide spirituel n’est rien de cela.

  • *Pour élever la conscience de l’Humanité, ne devrait-elle pas changer de paradigme, passer à une dimension plus évoluée ? Un événement majeur pourrait tendre vers cet objectif.

* Je vous parlais la dernière fois d’une révélation possible par la venue d’une menace (météore par exemple ou une autre pandémie fulgurante et irréversible) obligeant au changement radical et immédiat des comportements humains devant leur disparition potentielle et totale.
Il n’y a que lorsque ça fait mal que nous apprenons et retenons les leçons.
Nous oublions facilement les caresses et les louanges, mais jamais les critiques ou les coups.

  • *Je pense que la pandémie a été un bon Prophète, elle a eu pour mérite de bousculer cette organisation mondiale déjà bien ancrée.

* Pas si sûr qu’elle fut un bon prophète.
La reprise de la croissance a bien lieu malgré les effets imprévisibles de pénurie des matières premières dues à la saturation de la demande, au manque de main-d’œuvre pour y répondre et la lenteur des transports qui en découle.
Paradoxe en effet.
La planète commerciale est un monstre aux immenses mâchoires et grandes dents, avide et non rassasié, attendant que les porte-conteneurs géants tombent dans sa gorge, si géants qu’ils pourraient s’y coincer. (Le porte-conteneur Ever Given s’était échoué car gigantesque, le 23 mars 2021, bloquant la circulation sur le Canal de Suez où passe près de 10% du commerce maritime mondial. Au total, 422 navires, chargés de 26 millions de tonnes de marchandises ont été bloqués pendant six jours.)
Cette reprise va de pair avec la reprise occulte des marchés internationaux, des échanges commerciaux mais aussi ceux de l’armement, de la drogue, etc.

La fourmilière continue à œuvrer inlassablement malgré le coup de balai tant qu’elle n’ a pas reçu un coup de tue-pique.
« 5 millions de morts dus à la pandémie, 190000 soignants, bof, il en reste encore beaucoup se dit Jupiter en nous vaporisant. »

Oui, cette pandémie a bousculé l’organisation mondiale.
Il y a eu effectivement un changement comportemental dans nos sociétés nanties.
L’ avènement du télétravail, l’expatriation urbaine vers la campagne. Beaucoup de personnes ne veulent plus travailler, ou différemment d’avant, ni supporter la hiérarchie comme avant, d’où la pénurie de main-d’œuvre dans bien des secteurs professionnels.
Cela présente de nouveaux problèmes à la société qui veut continuer malgré tout sur les anciens rouages du travail et de la production. Dichotomie entre ses objectifs et ses moyens.
D’un point de vue plus existentiel et pour chacun d’entre-nous, sommes nous cohérents entre nos objectifs et nos réels moyens ?

  • *Bien qu’elle ait eu des dérives, cela a permis à une grande partie de la population mondiale de se remettre en question, de voir la vie sous un autre angle.

* Vraiment ? N’est-ce pas là encore une vision idéaliste ?
Une grande partie de la population mondiale ? Je ne pense pas.

Les effets de la pandémie de la COVID-19 a augmenté l’impact de la pauvreté dans le monde.
En France, on nous dit dans les médias récents que non. C’est une façon de justifier les colossales aides de l’état faites durant cette crise. Cependant, aux resto du cœur, les demandes de repas ont largement augmenté.
Qui ment ?
Dans le monde, des personnes démunies n’aspirent qu’à une chose ; manger, avoir un toit. Elles sont loin d’avoir les moyens de se remettre en question sur leur comportement pour changer la société alors qu’elles ont peine à changer leur statut individuel et sauver leur peau.
Selon les estimations officielles, à cause de la pandémie, 110 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2020, ce qui a signifiait que 700 millions d’individus vivaient avec moins de 1,90 dollar par jour. La situation s’est dégradée en 2021, avec 23 à 35 millions de pauvres supplémentaires, soit un nombre total de nouveaux pauvres estimé entre 110 et 150 millions à cette échéance.
Quant à ceux qui n’ont pas souffert de l’extrême pauvreté durant la covid, ils ont été dans les Starting-Block dés la levée des contraintes sanitaires pour retourner à une consommation effrénée grâce à leur épargne réalisée durant les confinements.

Ce n’est pas parce que l’on prend conscience d’avoir un talon d’Achille que l’on sait mieux courir.
Certains, les plus futés, le savent !

  • *Le prophète pourrait aussi faire partie des êtres plus élevés, sans forme visible...

* L’élève replace le prophète dans sa dimension divine, tel qu’il est conçu par le plus grand nombre depuis la nuit des temps.
Qui plus est, l’élève nous invite à adhérer aux sphères célestes et supérieures où existeraient des êtres de lumière, des esprits, non incarnés mais aptes à se manifester à notre perception.
Afin qu’ils se révèlent à nous, il leur faut en effet soit descendre dans la manifestation et être reconnaissables par l’homme soit développer chez nous des aptitudes pour que nous les percevions.
C’est le propre de la pratique spirituelle que d’aiguiser les outils de perception, les outils du mental et de la conscience pour capter les plans subtils invisibles à l’homme ordinaire.
Voir conférence portant sur les loka
Quant à l’existence de ces êtres lumineux, apprenons déjà à compter sur notre propre luminosité. Tout reste cependant ouvert.

  • *il viendrait révéler à l’Homme sa nature profonde. Il serait fait d’Amour, d’Unicité.

* Nous en avons déjà parlé dans les précédentes conférences. L‘Amour et l’Unicité, grands concepts millénaires de la spiritualité et déjà incarnés par les prophètes précédents n’ont pu être réalisés que par une minorité.

  • *Chaque individu ne serait plus assujetti au pouvoir, à la force, à la peur, à l’argent. Bien au contraire, chacun occuperait sa place sur Terre, vivrait en harmonie avec lui-même et avec ce qui l’entoure.

* Pour cela, l’être humain doit se débarrasser de la peur de la mort et intégrer sa propre fin dans la compréhension de l’ordre cosmique. Sans la rencontre avec sa nature immuable, sa propre signature vibratoire cosmique qu’est son âme, l’homme vit dans un univers où la loi du plus fort, le pouvoir, l’argent et bien d’autres aspects l’illusionnent sur l’essentiel et dictent ses choix de vie.
L’homme contemporain doit composer avec 8 milliards de potentiels amis au lieu d’un petit nombre pour l’homme primordial.
Les ennemis prédateurs d’une contrée voisine des anciens pourraient être aujourd’hui les voisins au coin de la rue.

9, 5 milliards d’êtres humains dans 20 ans vivront dans des mégalopoles urbaines aux nuisances nombreuses et dans un climat hostile. Il sera difficile d’y vivre en harmonie et la nature aura cessé d’être clémente et nourricière si nous ne trouvons pas des solutions rapides.
Seuls les gens aisés seront en harmonie avec leur maison connectée et leur jardin sous surveillance…leur voiture volante...
A moins qu’un prophète … ou un météore…

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  • *Tous les hommes seraient alignés, au service du Tout.

* Oui, l’alignement entre l’intention, l’esprit et l’âme permet de comprendre le réel et de faire travailler l’intention externe du monde en faveur de votre intention interne. voir conf « Cela se peut
« Mon monde est mon miroir », nous dit le physicien V. Zeland. Autrement dit, le monde dans lequel je vis est le monde que je façonne, que je projette. Mais votre monde n’est pas fait que de votre seul désir. Ce n’est pas votre seule volonté « égoïque  » qui peut agir sur l’intention externe de l’univers pour que celui-ci réponde à vos attentes.
Cet alignement permet une compréhension subtile des lois de la réalité qui nous gouvernent et qui induisent une attitude spirituelle et bienfaitrice.
En ce qui concerne l’alignement de tous, cela devient plus compliqué.

Nous retombons là sur l’évidence du départ, à savoir la nécessité pour chacun sur terre, de comprendre comment fonctionne la réalité.
Atteindre pour tous, un haut développement personnel par l’éthique et la maitrise des outils humains subtils et naturels nécessaires à cet alignement, permettrait au groupe humain d’agir sur la réalité à grande échelle en faveur de son propre avenir.

Il y aurait urgence à cela.

Ingénieurs, scientifiques, politiques tentent de trouver des outils futurs pour rectifier la dérive potentielle de notre monde actuel et agir rapidement sur notre réalité, mais à aucun moment, ces décideurs ne se préoccupent de cette compréhension du réel par chacun, ni de l’âme de chacun ! On parle alors de « bien-être » du citoyen.
Ils façonnent finalement pour tous leur propre vision du monde.
Comme tout est possible dans l’univers, ce qui est créé par certains devient une réalité quotidienne pour tous.
Le « Tout » devient donc relatif à leurs yeux.
Pour que tout le monde accède à cette notion du « Tout » métaphysique, un Tout fédérateur qu’un nouveau prophète potentiel pourrait incarner d’ailleurs, il serait nécessaire que chacun identifie ce même principe absolu.
Nous l’avons ! « La vie, la mort ».
Nous l’avons toujours eu, mais cette évidence n’a jamais pour autant enlevé chez l’être humain, la relativité de la conception de cette évidence.
Nous vivons différemment, nous mourrons différemment selon les contextes sociaux culturels et historiques et pourtant, c’est un même principe immuable physico-énergético-psychique qui nous définit et qui se passe toujours de la même façon dans la naissance comme dans la désintégration.
C’est un paradoxe chez l’homme.

  • *Le prophète est en chacun de nous, il doit se révéler à la conscience humaine.
    Je vous souhaite une excellente soirée.

* Nous passons là du prophète investi par un ordre divin, supérieur, voire extraterrestre, à la possibilité que ce prophète soit en chacun de nous !
Là, c’est un grand saut quantique pour lequel nous allons devoir intelligemment travailler afin de nous préparer à le faire.
Pour le yogi, ce saut peut-être réalisé par l’éveil de la conscience. C’est ce à quoi nous travaillons quotidiennement.
Ce saut pourrait-il être immédiat pour un plus grand nombre ?

Merci à l’élève N.S.S débutante et idéaliste, dont la pratique est déjà prometteuse.

Fin de l’analyse de l’élève N.S.S
Jaya yogācāryaḥ

Remerciements à Cécile Pellorce pour son travail de relecture et de corrections

©Centre Jaya de Yoga Vedanta Ile de la Réunion

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